Vie quotidienne

Il y a 20 ans

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Allez, j’aurais pu faire le coup de « Ah, il y a vingt ans, lorsque je suis née, bla bla bla… » mais ce serait trop grillé. Je suis vraiment sur le point de passer dans le clan des trentenaires alors, il y a vingt ans, je m’en souviens bien!

En fait, il y a précisément 21 ans et 2 jours, ma vie a été bouleversée par la naissance de mon petit frère.

Je passerai sur le chamboulement que ça a été, nullement aidé par une mère qui ne pourrait décemment jamais présenter sa candidature au concours de Maman Normale de l’Année, non, non…

Mais, vois-tu, petit lecteur, en souhaitant son anniversaire à ce « petit frère » d’un mètre quatre vingts-dix-sept au garrot, je me suis remémoré ce à quoi cela ressemblait, le monde de la petite-enfance, à cette époque. J’en ai des souvenirs très précis et je suis stupéfaite des différences avec l’époque actuelle. Vraiment. Alors je me suis dit que ça pourrait être bien d’écrire un petit quelque chose sur la question.

Alors, il y a vingt ans, c’était comment?

L’allai…Quoi?

Aujourd’hui, l’allaitement fait couler beaucoup d’encre, en sa faveur. Nulle femme, allaitante ou non, oserait prétendre que le lait maternel, c’est mauvais, qu’allaiter n’a aucun intérêt. L’allaitement se banalise et je trouve cela très bien. La plupart du temps, les femmes qui n’allaitent pas ne font pas ce choix en regard de la qualité du lait maternel. Pourtant, je me souviens bien qu’en 1997, allaiter, c’était quand même plutôt marginal! Je me demande même si la question était posée en maternité. Ma mère avait une amie allaitante, elle trouvait ça bizarre et était convaincue que le lait artificiel était plus complet pour le bébé. Si, si!

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Mon dieu, quelle mère inconsciente!

Les couches

Aujourd’hui, on voit de tout: de la banale couche jetable qui existait il y a vingt ans jusqu’à la couche lavable ultra hype qui me fait de l’œil autant qu’elle m’effraie. En fait, j’ai surtout l’impression qu’il y a vingt ans, on ne se posait pas de question. On prenait ce que l’on trouvait sans s’interroger (comme nous le faisons désormais systématiquement) sur le contenu. Ma mère choisissait les couches pas trop chères et tolérées par le fessier de son petit, Pampers ou Huggies (elles existent encore ces couches?) ça n’allait pas plus loin. Je pense que si on avait parlé de « couches lavables » à une maman de 1997, elle aurait pensé lange et épingles à nourrice!

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Ceci est une pile de slips, pour une maman de 97

L’alimentation

Tout comme les couches, on s’interrogeait moins, il y a vingt ans, non? Enfin, je n’ai pas souvenance de petits pots bio aux rayons bébé, ou peut-être les Hipp, admettons. J’ignore si autant de mamans qu’aujourd’hui étaient adeptes du bio et/ou du fait maison, ça existait le Baby Cook à l’époque? Enfin, chez mes parents, je n’ai vu que des pots industriels et n’ai entendu aucune question existentielle à ce sujet. Je vous rassure, hormis sa taille de géant, mon frère est « normal ». Du moins, physiquement.

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Plein de sucre mais trop bon quand même! (***Article non sponsorisé par Cheerios***)

Les soins

Pour ma part, les produits de soins de La Bête sont économiques et peu envahissants: de l’eau pour les fesses, du sérum physiologique pour le visage et le nez. Point. Pas de lotions, de crèmes, de parfum, de lingettes. Niet. Le fait est qu’elle n’a que très rarement eu les fesses rouges, jamais de peau sèche, de rougeurs, rien. Pourtant, je me souviens que le petit panier de mon frère était bien garni: lingettes qui sentent bon, petite lotion qui sent bon, petite crème hydratante qui sent bon. Aujourd’hui, on est pour plus de simplicité et moins de chimie, un bon point, me semble-t-il.

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Mon frère, un beau gosse dès la naissance!

La médecine pédiatrique

Mon frère, j’en suis presque convaincue, n’est pas né avec un système digestif de compétition. Il n’a pas souffert comme ma fille mais il vomissait. Beaucoup. Souvent. Et ça a perduré jusqu’à ses 3-4 ans, je pense. Un « bébé vomisseur », c’était la délicate appellation à l’époque. Il pleurait beaucoup, à mes souvenirs, il avait énormément besoin d’attention et de contact. Mais, à cette époque, on connaissait moins toutes ces joyeuses misères qui peuvent toucher les bébés. On est loin du monde des Bisounours, en 2018, mais ça avance doucement. Aujourd’hui, un bébé en souffrance n’est pas forcément atteint de ces bonnes poires de coliques, enfin, pas chez tous les pédiatres…

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Un jour, peut-être, tous les pédiatres prendront le RGO au sérieux…

Le maternage

Il y a vint ans, un bébé dormait dans sa chambre, se promenait en poussette, se détendait dans un transat puis dans le parc. Simple, rôdé, indiscutable. Là encore, point de questions, on faisait comme les générations précédentes, puisque apparemment, on avait survécu. Je n’ai jamais vu de maman promener son bébé en écharpe à l’époque, jamais vu non plus de maison sans parc afin que bébé s’amuse sans aller trop loin, quand même. L’écharpe, j’ai vu la première il y a dix ans, lorsque ma belle-mère a mis au monde ma demi-sœur. D’origine russe, elle était plus au fait du maternage. Et, il y a seulement dix ans, ce n’était pas encore d’une grande simplicité de se procurer une écharpe de portage!

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Dans ma campagne, on aime la simplicité: voici la Rolls de La Bête!

Les claques

Il y a vingt ans, j’aurais aimé connaître la proportion de parents à avoir banni toute forme de violence dans leur foyer. Marginal, je pense. A l’époque, on appelait « violences » les maltraitances qui laissaient des marques durables, en gros. Mon frère comme moi, on s’est mangé des « baffes », des « roustes » sans que ce ne soit remis en question par qui que ce soit. Aujourd’hui, on est de plus en plus à prendre le temps de réfléchir à l’impact des VEO sur le développement des enfants et, ouf, ça c’est une très très bonne chose, bien que la route soit encore longue pour la France.

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En somme…

Il y a vingt ans, en définitive, on se posait beaucoup moins de questions. On reproduisait bien souvent le schéma hérité de notre famille sans se renseigner plus que ça. Internet n’existait pas (vraiment), on avait donc aussi moins de facilité à se documenter et à échanger. L’avantage, néanmoins, était que (j’en suis certaine), les mamans se retournaient beaucoup moins le cerveau il y a vingt ans qu’aujourd’hui. Et vu que toutes fonctionnaient de manière similaire, je suppose que les jugements étaient moins systématiques. Ceci dit, je pense que les bébés de notre époque ont de bien meilleures conditions pour leur épanouissement personnel qu’en 1997.

Qu’en penses-tu, toi, petit lecteur?

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20 commentaires sur “Il y a 20 ans

  1. Je ne pense pas que les bébés de nos années soient mieux lotis. Les parents d’aujourd’hui se triturent les méninges sans fin sur les méthodes éducatives, pensent pour beaucoup qu’il faut qu’ils soient parfaits pour garantir les meilleures chances à leur enfant et culpabilisent pour tout et n’importe quoi. On vit une époque très anxiogène, et un certain nombre de parents sont dans la compétition permanente et le jugement. Si tu n’allaites pas ton gamin aura un QI d’huître, si tu le mets dans une poussette il aura de grosses carences affectives, si tu le mets dans un yoopala il sera bon pour une prothèse de hanche à 30 ans, si tu utilises des lingettes son cerveau sera grillé par les perturbateurs endocriniens, et ainsi de suite. Toutes ces angoisses, les bébés les ressentent. Au moins dans les années 1990, les parents ne se posaient pas autant de questions et on ne les faisait pas iech avec le maternage, les VEO et tutti quanti. Ce qui ne veut pas dire que c’était mieux avant, mais je ne pense pas que c’était pire non plus. En tout cas il n’y avait pas ces idéologies autour des méthodes éducatives.

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    1. Je suis d’accord avec toi sur le fait que la société actuelle encore le jugement car il est beaucoup plus facile et « normal » de regarder ce que fait son voisin. Néanmoins, il appartient à chaque parent de prendre la distance nécessaire avec le jugement ou la compétition qui peuvent s’installer et se focaliser sur l’essentiel: fonctionner en accord avec son propre coeur. Je ne pense pas non plus que les années 90 étaient une « pire » époque, néanmoins je pense que le regard porté sur l’enfant a changé et, majoritairement, de manière positive.

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  2. Je suis assez d’accord avec pas mal d’observations, les choses ont clairement évolué.

    Par contre déjà à l’époque ma mère, pourtant looooin d’être « bienveillante » nous a tous allaités. Et pas de toute repos pour le petit dernier. Par contre la croyance était que c’était utile uniquement 3 mois.. DU coup a 3mois, LA..
    D’ailleurs ce petit dernier, de 20ans également a souffert de RGO (violent de ce que je me souviens, il hurlait à longueur de journée.. Regurgitait à gogo.. Etc) et cela a quand même été diagnostiqué par contre il n’y avait Aucun traitement. D’après le pédiatre.. Ou même médecin de famille en fait, je crois pas qu’on avait un pédiatre.

    Je suis curieuse de voir comment ce sera dans 20ans..(Juste curieuse hein, je ne veux pas y être :D)

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    1. Finalement, il semblerait que bien qu’elles aient été plus discrètes, il y a eu pas mal de mamans allaitantes! 🙂 Quelle horreur, de ne pas traiter un RGO si prononcé! Moi aussi, je voudrais bien savoir ce qu’il en sera dans 20 ans…

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  3. Pour avoir eu 2 demis frère et soeur, et 2 cousins au tout début des annés 2000 je confirme! Sauf pour le baby cook… et oui ma maman en avait un pour moi! Et m’a allaitée d’ailleurs 😊A savoir si c’était mieux « avant » ou pas… je ne saurais te répondre. Sauf pour les progrès de la medecine pédiatrique bien entendu. Je suis une Maman d’internet, j’ai souvent surpris ma mère et mes tantes ( et même ma grand mère tiens ) avec mes connaissances, à un stade de la maternité ou elles découvraient juste comment changer une couche. Un peu déstabilisant pour elles quand je répond  » oui je sais  » alors qu’elles pensaient m’apporter un scoop inédit a propos de bébé! C’est notre géneration qui veut ça, et j’aime bien ça permet une indépendance dans l’éducation de nos enfants, sans forcément se baser sur les modèles familiaux.

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  4. A mon avis il y a du bon et du mauvais dans chaque époque et je ne pense pas qu’une puisse être meilleure que l’autre. Il n’y a pas de recette miracle. Ce qui manque le plus de nos jours c’est 1) l’accès à la nature 2) la motricité libre 3) le contact avec d’autres enfants d’âge divers. Les enfants sont cloitrés chez eux, le plus souvent dans des parcs ou avec des barrières ici et là, et sont de nouveaux entre 4 murs à l’école ou à la crèche. Autrefois les enfants d’un quartier se retrouvaient pour aller crapahuter ensemble au terrain vague, construire une cabane…

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  5. « Bébé fait des RGO »
    (témoignage de ma belle soeur, mère d’enfants qui ont la vingtaine bien tassés) : Moi je le faisais couché sur le côté, avec un petit linge derrière lui pour qu’il soit bien de côté. (OMG JAMAIS DE LINGE DANS UN LIT PARAPLUIE !)
    « Et les dents tu faisais comment ?  »
    Le collier d’ambre, c’est radical et ça marche super bien. (aucune preuve scientifique et que dire du risque de strangulation…
    (ma mère en rajoute une couche) :
    « Oui, maintenant avec les jeunes tu comprends, c’est plus comme avant, rends toi compte qu’ils ont pas voulu du lit parapluie (auchan, parce qu’on a préféré un babybjorn) que je leur ai acheté, sous prétexte qu’il fallait rajouté un matelas (en plus du fait que ça pèse 12kg et qu’il soit pas pratique à plier) et que c’est dangereux car risque d’étouffement ! « . (et pour finir, témoignage de ma soeur, maman depuis 17 ans) :
    « Et pourquoi est ce que vous laissez pas pleurer bébé ? Il finirait par se calmer…  »

    … Alors certes, malgré tout ça on est pas devenu des aliens, mais bon… est ce que les anciennes générations peuvent accepter que les temps changent ? Quand tu sais qu’entre 2 générations il fallait dormir sur le ventre, puis sur le dos, puis sur le côté, et que la mode du moment c’est « sur le dos »…
    Le pire c’est que dans 20 ans ça aura continué à évoluer…

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    1. Ca c’est sur qu’on sent assez souvent le fossé intergénérationnel concernant toutes ces petites choses… Je savais pour le couchage car j’appartiens à la génération de bébés qui ont dormi sur le ventre (et survécu, je n’écris pas depuis l’au-delà) et mon frère a été scrupuleusement couché sur le dos! Dans 20 ans, ce sera peut-être sur le côté!

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  6. Pour ce qui est de l’allaitement, je pense que c’est une très bonne chose de permettre aux mamans qui le souhaite d’apporter un vrai soutien. Mais en tant que maman non allaitante, je trouve qu’on a surtout renversé « la stigmatisation » (sachant que ce mot est un peu fort). Les petites piques, les regards pas du tout bienveillants sur le coup, les « ah ben vient pas te plaindre de ta montée de lait hein, la solution serait de le nourrir (parce que donner le biberon c’est le laisser crever de faim), tes seins sont faits pour ça ».

    Pour ce qui est du RGO il est vrai que ca me fend le coeur de savoir que des bébés souffraient et étaient laissés seuls dans leur lit sous prétexte que c’était un caprice !

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    1. Je suis tout à fait d’accord avec ta réflexion sur l’allaitement! C’est une très bonne chose que ça se démocratise et que les mamans puissent trouver des aides, néanmoins, il ne faut pas basculer dans l’extrême inverse: à juger les non-allaitantes.

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  7. Je pense qu’aujurd’hui,les parents sont assommés de messages publicitaire, assaillis par le marketing. Ca manque de simplicité. Et les enfants sont pas mal écartelés également par tous les signaux de la société.
    Je suis de 1986 et je me posais pas de questions existentielles mes parents non plus. Je jouais au vélo avec mes copains dans la rue, je regardais les mini-keums. Parfois je me prenais une petite fessée pour une bêtise réalisait sciemment … Mais franchement je crois que je préfère notre période que celle d’aujourd’hui avec les téléphones, les réseaux sociaux et la peur au quotidien..

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    1. Il est clair que notre société de consommation et de spectacle ne font pas bon ménage avec une enfance simple! Le regard porté sur autrui est aisé alors chacun s’efforce ce paraître parfait et se prend bien trop le chou! Quant aux enfants, cela me peine d’en voir de moins en moins jouer dehors avec deux broutilles comme moi à mon époque…

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  8. Je pense qu’il y a 20 ans, le nourrisson jusqu’au jeune enfant était un « truc à élever » et pas une personne à part entière. De ce fait, tout était plus standardisé. Aujourd’hui un bébé n’est pas l’autre et il est normal de dire qu’Ils ont eux aussi des préférences et c’est notre « boulot » de trouver ce qui leur convient le mieux : d’où la multiplication des choix pour le portage, le sommeil, les jeux, la nourriture. Et comme dit dans un commentaire précédent, qu’est ce qu’on s’en pose des questions !!! Est ce qu’ils s’en posaient autant à leur époque ? Quand tout va bien, on se demande même s’il y a pas quelque chose qui cloche. Pour moi, à partir du moment où tu es sure de tes choix éducatifs quels qu’ils soient, que tu es en accord avec ce que tu choisis de faire, tu vas bien et donc l’enfant va bien. J’ai une éducation « à l’instinct », je n’ai rien été chercher dans les livres, à la limite quand j’ai un problème précis, je vais voir sur internet, on en parle avec le papa, on décide d’une marche à suivre et on s’y tient.

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    1. Je partage entièrement ton point de vue. Je suppose que le changement de regard sur l’enfant vient aussi des études réalisées sur la construction de son cerveau. On sait maintenant que l’enfant n’est pas un adulte miniature, capable de la même réflexion et du même recul que ses parents. On sait aussi que l’affection et l’empathie qu’on peut lui apporter sont déterminants pour son avenir. Les parents qui s’informent s’adaptent ensuite naturellement, enfin, la majorité d’entre eux. Tu résumes parfaitement l’essentiel à retenir: « Pour moi, à partir du moment où tu es sure de tes choix éducatifs quels qu’ils soient, que tu es en accord avec ce que tu choisis de faire, tu vas bien et donc l’enfant va bien. » Rien à ajouter!

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  9. Super intéressant ! Je ne pourrais pas tellement comparé parce que je n’ai pas vraiment de souvenirs de comment ça se passait pour ma petite sœur. Je sais que ma maman m’a allaité, et je n’ai quasiment jamais mangé de petits pots (ça coûtaient cher ces bestioles) par contre un truc qui me fait encore bizarre c’est que ma sœur et moi avont été « opéré » d’office pour ne pas avoir les dents du bonheurs et aussi on nous a coupé le frein de la langue pour évité le zozotement… étrange comme pratique…. elle m’a demandé si on comptais le faire pour ma fille, évidement c’est non. Je ne vois pas l’interet de faire de la prévention pour ce genre de chose et je pense qu’aucun pédiatre ne le proposerait de nos jours.

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    1. Gloups, je ne savais pas que ça se faisait! Ici, La Bête a perdu son frein de langue à la maternité parce que l’ORL l’a trouvé trop court et qu’elle ne tétait pas. Jamais je n’aurais fait cela en prévention d’un éventuel et nébuleux zozotement!

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