Vie quotidienne

Tordons le cou aux idées reçues!

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Les affirmations qui vont suivre, tous les parents en ont entendu au moins une. Souvent venant de proches qui se croient bien intentionnés et plus à-même qu’eux de savoir comment fonctionne leur enfant. Parfois, cela vient même du corps médical. Voici donc mon petit top 6 des idées reçues sur les tout-petits.

Si tu ne le laisses pas pleurer, tu vas en faire un capricieux.

Cette phrase assez détestable a pourtant la peau dure! Tant de générations estiment, en effet, qu’un bébé qu’on refuse de laisser pleurer est destiné à devenir un odieux enfant-roi! Et ce, dès la naissance! Il faudrait laisser pleurer bébé dans son lit quand il ne parvient pas à s’endormir, le laisser s’époumoner lorsque l’on n’identifie pas l’origine des pleurs ou quand ceux-ci expriment un manque affectif. En bref, il faut dompter ce petit animal dès sa mise au monde ou il dévorera tout son entourage! Mouaif…

Faisons simple: un bébé qui pleure est un bébé qui exprime un besoin. Un nourrisson ne pleure jamais sans raison. Alors certains besoins paraissent élémentaires: être nourri, être changé, dormir. D’autres demandent plus de subtilité: besoin d’affection, expression d’un trop-plein de stimulations, besoin d’être rassuré. Ces pleurs, contrairement à ce que bien des gens pensent, ne sont pas là pour que le bébé se « fasse les poumons », ils sont là pour signifier aux parents que leur bébé a besoin d’eux pour satisfaire un de ses besoins.

pleurs

Un bébé qu’on laisse pleurer, outre le fait qu’il se fait des shoots d’hormone de stress (très mauvaise pour la construction cérébrale) à répétition, comprend qu’il lui faut hurler pour être entendu. A contrario, un bébé auquel on répond rapidement va assez vite saisir qu’il n’a pas besoin de réveiller toute la ville pour être pris en compte. Il a été prouvé que les bébés les mieux écoutés pleurent en moyenne beaucoup moins que les autres! Ici, La Bête a toujours été écoutée et c’était un nourrisson très peu pleureur. Râleuse, oui, pleureuse, loin de là! Aujourd’hui encore, lorsqu’elle pleure vraiment, on sait immédiatement que quelque chose ne va pas du tout.

Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim.

Celle-ci est à rectifier un peu, alors qu’on l’entend dans pas mal de bouches. Un bébé sain, certes, saura réclamer à manger sans faute dès qu’il a faim. Néanmoins, un bébé en souffrance (physique ou psychologique) peut tout à fait cesser de se nourrir! L’anorexie du nourrisson n’a rien d’un mythe, malheureusement.

Ici, le revers d’avoir un nourrisson peu pleureur, pour reprendre mon paragraphe précédent, c’est qu’elle n’a jamais manifesté sa douleur due au reflux. Ainsi, lorsqu’elle a commencé à hurler pendant les biberons tout en buvant à peine, c’était déjà trop tard, elle avait une œsophagite. En l’espace de 2-3 jours, après avoir réduit drastiquement ses prises alimentaires, elle a augmenté le temps entre deux repas, allant jusqu’à 7 heures d’affilée sans réclamer, à seulement 1 mois de vie. Lorsqu’on a consulté, elle avait déjà perdu 300 grammes, ce qui est énorme pour un bébé de 3.5 kg. Sans notre vigilance, cela aurait pu aller très loin.

S’il ne mange pas ce que tu lui donnes, c’est qu’il est difficile.

Ah, la nourriture, vaste terrain de désaccords et contrariétés! J’en sais quelque chose… La Bête est un bébé terriblement difficile à nourrir: elle ne mange que du mixé finement et de faibles quantités, ce qui fait qu’elle réclame toutes les 2-3 heures. Elle n’avale aucun semblant de morceau. Elle ne boit quasiment plus de lait. Elle refuse la moitié de ses compotes. Bref, c’est un vrai casse-tête de respecter ses apports nutritionnels. Cependant, je pourrais suspendre au porte-manteau le premier qui la qualifierait de « difficile »! Avant deux ans où l’enfant peut manifester de l’aversion pour la nouveauté, il faut se questionner sur les raisons d’une hyper-sélectivité alimentaire.

trouble oralité

Un enfant de moins de deux ans ne peut techniquement pas être capricieux. Il aura des préférences gustatives, comme n’importe qui. Mais s’il est réellement compliqué à nourrir, que ce soit quantitativement ou qualitativement, plusieurs questions sont à soulever: a-t-il eu de bonnes habitudes alimentaires? Semble-t-il souffrir en mangeant? Aurait-il un mal-être latent qu’il exprimerait pas un refus de s’alimenter? Il est bien plus simple de le faire rentrer dans la case « enfant difficile » que de se poser ces délicates questions…

Les bébés nourris au biberon ont une mauvaise immunité.

Je n’ai rien contre l’allaitement, loin de là. Je regrette même de ne pas avoir pu donner le meilleur de moi-même à ma Bête. Cependant, les discours des pro-allaitement qui se catégorisent d’office anti-biberon me hérissent souvent le poil! On en entend des vertes et des pas mûres: « il ne pourra pas créer son lien avec sa maman », « il est nourri de mauvaises choses » ou encore le fait qu’il sera sans cesse malade, que c’est couru d’avance.

Un peu coupable sur les bords, je me suis mentalement préparée à avoir un bébé abonné au pédiatre et aux mouchoirs. Le premier hiver a passé, rien. Le passage de la maison à chez Super Nounou est passé: un rhume. Le second hiver est passé: un rhume. Le printemps est passé: rien. L’été est arrivé, ah, première consultation chez le pédiatre! A l’âge de 18 mois, La Bête a fait sa première fièvre qui a décidé de persister, maintenant qu’elle était là! Une bronchite. Voilà le bilan en maintenant 19 mois de vie: 2 rhumes et une bronchite. Alors certes le lait maternel est le must pour un bébé mais cessons de faire culpabiliser abusivement les mamans biberonantes!

biberon ventre

Ne câline pas trop ton bébé, tu vas l’habituer!

C’est sur qu’il y a plusieurs décennies, c’était normal de câliner son bébé vite fait mais aussi de l’habituer à être posé: son lit, son transat, son parc, il y avait l’embarras du choix. Pour se promener, c’était la poussette. Sauf que depuis, ouf, on s’est penchés d’un peu plus près sur les besoins du nourrisson: l’affection y a une aussi grande importance que la nourriture. Dans des orphelinats (ne me demandez plus le pays, j’ai oublié) où les bébés recevaient tout ce qu’il fallait pour satisfaire leurs besoins physiques mais sans affection aucune, ils sont quasiment tous morts. Si, si!

La proximité physique est à prendre comme un besoin élémentaire du tout-petit, indispensable pour son développement, qu’il ait 1 mois ou 2 ans. On ne câline jamais trop son enfant! Les câlins le rassurent, le mettent en confiance et, lorsque c’est le moment, ils lui permettent au contraire de s’ouvrir au monde avec suffisamment de confiance en lui. Là encore, il a été statistiquement prouvé que dans les pays où les bébés sont les plus portés (en Asie, notamment), ils pleurent nettement moins que dans les autres pays (comme aux Etats-Unis).

mère fille

Il dit encore non? Quel mauvais caractère!

Depuis ses 14 mois, La Bête pourrait passer pour une sale harpie. « Non » est son mot préféré, elle le prononce avec une précision et un ton déconcertants, d’ailleurs. Entre 14 et 18 mois (vive la guerre de 14-18 sauce Mummy), c’était « non » pour tout et n’importe quoi: jouer, manger, un câlin, s’habiller, sortir, rentrer, monter en voiture, descendre de voiture, etc etc… Ma fille était devenu un diablotin blond! Pourtant, nulle question de tempérament, c’est l’âge, ma ptite dame!

Vers 2 ans (parfois moins), l’enfant prend conscience de son individualité: je peux avoir un souhait différent de celui de mes parents. Le « non » n’est pas forcément un véritable refus mais surtout l’expression de sa dissociation de ses parents. En disant « non », il cesse simplement d’obtempérer spontanément. D’ailleurs, bien souvent, le refus est assez rapidement suivi d’un accord, sans forcément que l’adulte le lui ai redemandé. Pourquoi? Parce qu’en disant d’office « non », le petit se laisse en réalité le temps nécessaire pour réfléchir: « Ai-je envie de faire ceci ou pas? », question qui lui demande plus de réflexion qu’à nous autres, adultes. La Bête est une spécialiste du « oui » qui suit de très très près un « non ». Elle n’a pas spécialement un mauvais caractère, elle grandit, elle se découvre et c’est un étape normale de sa croissance. La phase du « non » dans le sens insupportable du terme a duré 4 mois. Maintenant, elle refuse bien moins souvent et toujours les mêmes choses: celles qui lui déplaisent vraiment!

timide 2

Avec un peu d’efforts, j’aurais pu en traiter encore plein d’autres, des assertions de ce genre, comme quoi il faut allaiter un nourrisson à heures fixes, qu’il doit absolument se tenir assis à 9 mois, etc mais je préfère m’arrêter là.

Et vous, avez-vous subi des « conseils » aussi avisés?

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18 commentaires sur “Tordons le cou aux idées reçues!

  1. « Et vous avez essayé de le laisser pleurer la nuit, plutôt que de le prendre tout de suite ?  »
    Oui. On a mis 2 heures pour rattraper ce « test ».

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  2. Jusqu’à 16 mois (mais ça commence dès 4-5 mois) : « Il mange encore la nuit ???!!! » Mais il n’en a pas besoin ! Vous devriez le laisser pleurer/ appliquer la méthode du 5-10-15-2H pour qu’il comprenne ». Oui, il n’avait pas vraiment faim, mais le besoin de câlin était là. Il se rendormait aussi sec après son biberon (voir pendant) et moi j’ai la chance de me rendormir facilement. Je ne me voyais pas DU TOUT passer des nuits de m***** juste parce que « les gens » avaient décidé que mon fils ne devait plus manger la nuit.

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    1. C’est dingue quand même, cette tendance qu’ont les gens à mieux comprendre les enfants des autres que leurs propres parents! Les besoins affectifs sont hélas souvent oubliés, ils sont pourtant si importants!

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  3. Je n’ai rien entendu de tout cela mais je sais que ce sont pourtant des conseils trop fréquents 😔. Le maternage est très bien admis dans ma famille donc je n’ai pas eu de remarque sur le cododo, le portage, l’allaitement. Après nous gardons au maximum notre intimité pour éviter qu’on vienne fouiner dans nos affaires ou qu’on nous donne des conseils bidons.

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    1. C’est bien si ta famille est raccord avec tes choix. Pour ma part, je n’ai pas vécu tant de remarques que cela, justement parce que je pars du principe que l’éducation de ma fille ne regarde que ses parents.

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    1. Cela dépend vraiment de ton entourage, et de ta manière d’en parler aussi. J’ai heureusement eu peu de réflexions pour ma part, principalement car je considère (et fais comprendre) que l’éducation de La Bête regarde avant tout ses parents!

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  4. Je mets ce sujet en relation avec ton article « il y a 20 ans » car j’ai tout entendu de la part de mes beaux parents, soit la génération d’avant. Encore la semaine dernière, bébé pleurait, mon beau père a demandé « il fait un caprice? »…
    ma fille met encore des couches la nuit à 4 ans et demi, ça horrifie mes beaux parents qui me disent que je dois absolument lui apprendre la propreté la nuit. Je leur dit qu’elle ne se réveille pas seule et que la maturité nocturne n’est pas avant plusieurs années , qu’on a encore le temps de s’inquiéter, ils m’ont dit qu’eux réveillent leurs enfants plusieurs fois par nuit et donc ils étaient propres…. quand mon mari allait chez un copain, il avait une couche (vu que personne ne le réveillait) et que du coup il en a eu jusqu’à 10 ans… je préfère ne pas faire de commentaires…

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