Infertilité, fausses couches

Et d’un coup, tout s’arrête

En réalité, je le sens toujours…Au réveil, j’ai froid, jusqu’au fond de mes tripes. Un froid de mort. Les symptômes sont toujours là mais ce froid est comme une brume morbide qui recouvre tout. Je le sens, l’œuf a fait une rencontre fracassante avec le sol.

verre

Je refais un test comme unique preuve de ce ressenti douloureux, il confirme: bien plus clair qu’hier, le taux de la divine hormone HCG descend déjà. Je tente de me la jouer forte, comme à chaque fausse couche précédente mais là, j’en suis incapable.

La grande différence cette fois-ci, c’est que j’étais prête, vraiment vraiment prête. Ce Numérobis, je le voulais vraiment. Et comble de l’ironie, il semblait s’être correctement accroché. Mais voilà, on ne sait jamais pourquoi, la lueur d’espoir s’est subitement éteinte. Pouf, comme ça, d’un coup, silencieusement.

Les deux fois précédentes, j’avais réussi à ravaler mes larmes, à penser d’abord à ma Bête qui aurait un rab de vie de fille unique. Mais là, j’ai eu beau y mettre toutes mes forces, les larmes ont dégringolé. Je n’étais pas enceinte de beaucoup, c’est quand même ridicule! Mais ce n’est pas la durée de la grossesse que je pleure, c’est cet énième espoir subitement éteint. C’est mon endurance qui prend une nouvelle claque en pleine tronche. C’est l’idée que Chéri qui voulait plusieurs enfants ne voie désormais se succéder que des pleurs, du sang et des tests qui éclaircissent.

Aujourd’hui, je suis profondément lasse. C’est le mot, lasse. Alors je serre ma Bête contre moi, je savoure son « t’aime » qui réchauffe ce froid polaire et j’attends le déluge.

Et de six.

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17 commentaires sur “Et d’un coup, tout s’arrête

  1. Mais quelle injustice ! J’imagine la douleur de ton ressenti et le froid qui t’envahit… Je ne sais quoi te dire sinon que je pense à vous dans cette douloureuse épreuve. Tu as le droit de pleurer. D’être en colère. Triste. Lasse. Courage ❤

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  2. Ce n’est pas du tout ridicule… Tes émotions sont légitimes, c’est difficile de voir s’envoler un espoir qui se concrétise un peu. Même si on ne se connaît pas, j’aimerais pouvoir te serrer dans mes bras. Courage à tous les deux.

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  3. Je suis de tout cœur avec toi.
    Tu n’as pas envie de lire ce qui suit, mais peut être dans une semaine, un mois … entre mes fausses couches, ça m’a vraiment beaucoup aidé d’aller voir quelqu’un pour en parler. C’est mon gynécologue qui me l’avait conseillé après 2. Ça n’a rien empêché, ce n’est pas une cure. Mais ça m’a aidé sur beaucoup de choses, et de pouvoir parler sans qu’on me regarde avec cet air de compassion mais qu’on m’explique le cheminement de mon cerveau. Qu’on m’explique cliniquement ce qui se passe.
    Quand on atteint des statistiques comme les nôtres, il faut pouvoir les oublier pour avancer, et ça m’a servi à ça.

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  4. Je n’ai pas d’autres mots que je suis profondément désolée. Prends le temps qu’il te faut pour faire le deuil de cet espoir. La biologie est tellement tellement injuste. N’hésites pas à te faire suivre par des professionnels de santé qui ont l’expérience des fausses couches à répétition pour mettre fin à ce cercle vicieux et interminable.

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