Pensées de mummy

Etre une maman libre

Un drôle de titre, n’est-ce pas? Ne vous méprenez pas, je ne parlerai pas des mamans solo ici, que j’admire sincèrement mais dont j’espère ne jamais faire partie. Hein, Chéri, dis, on reste en duo?

Mais si on venait à me demander quelle maman je voudrais être pour Numérobis, je répondrais ceci: une maman libre. Celle que La Bête m’a permis de devenir, pas à pas, sans même en avoir conscience. Aujourd’hui, je suis une maman épanouie et sereine car je me suis libérée de bien des emprises qui sont inutiles voire nocives lorsque l’on devient maman. Ces petites et grosses choses qui ne me manquent pas et dont je ne compte pas me ré-encombrer quand Numérobis viendra agrandir notre foyer. Mais que ce sont donc ces choses?

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Le regard d’autrui

J’ai été assez stupéfaite de voir comme les critiques vont de bon train dans le domaine éducatif. C’est spectaculaire! Que tu causes allaitement (boudiou, toi, la maman biberonante), portage, éducation bienveillante et j’en passe, tu t’en prendras forcément plein la tête. Parce que l’éducation est un domaine qui déclenche les passions puissance mille. C’est facile à comprendre, quoi de plus important pour un parent que l’éducation de ses enfants? Et quoi de plus insupportable que de laisser s’immiscer l’idée qu’on a pu se tromper quelque part? Alors chacun (en tout cas beaucoup) préfère se convaincre, et par conséquent convaincre le monde entier, que ses choix sont les bons, que lui sait faire.

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Ainsi, chacun se permettra de petites remarques sur ta manière de faire, aussi saine soit-elle: « tu ne la forces pas à manger, mais elle te mène par le bout du nez! », « tu n’allaites pas, mais pourquoi? », « tu ne la laisses pas pleurer, mais elle s’exprime! ». Bref, on a tous connu plus ou moins de remarques porteuses de jugements plus ou moins voilés. Quand on est un nouveau parent, fatigué, constamment rongé par le doute, chacune d’elle pique un peu et réveille de bien inutiles doutes: est-ce que je fais bien? Elle a eu trois enfants, elle doit mieux savoir que moi…

Et puis les mois, les années ont passé et j’ai appris à me faire confiance à moi, seule et unique maman de ma fille. C’est moi qui l’ai portée, qui l’ai mise au monde et nous l’éduquons et la fréquentons au quotidien à deux. Pas à cinq, à dix ou à soixante millions. Non, La Bête a deux parents et cela semble lui suffire. Nous connaissons mieux que personne notre fille et ses particularités et avons toujours été à même de répondre correctement à ses besoins. Elle est épanouie et parfaitement équilibrée, éveillée, curieuse, enthousiaste, attentive. Elle est aussi hypersensible, elle souffre de dysoralite et nous seuls savons comment gérer ces deux aspects particuliers au jour le jour. J’ai appris à faire fi des remarques qui, étrangement, se sont faites de plus en plus rares. Quand je lis les articles sur des sujets sensibles et les commentaires parfois acérés qu’ils déclenchent, je reste en retrait. Occupons-nous correctement de nos enfants avant de nous occuper de ceux des autres (dit la prof, ha ha).

Il est clair que les remarques reviendront probablement quand Numérobis sera là, un nouveau-né fait forcément réagir mais maintenant je suis en paix avec moi-même alors celles-ci me passeront loin, très loin, au-dessus de la tête. Et tout le monde ne s’en portera que mieux! Tant que Chéri et moi sommes raccord, le reste m’importe bien peu!

Et mon regard à moi

Je suis bien mignonne à accuser les autres de tous les bobos des mamans, mais je reconnais sans peine mes erreurs: qu’est-ce que j’ai pu être dure avec moi-même! On le sait toutes, quand on devient maman, on acquiert deux compagnies permanentes: notre enfant et la culpabilité. On peut bien se demander, avec le recul, ce que cette seconde est venue faire là, tiens! Pourtant, je le sais, on est très nombreuses à culpabiliser sans arrêt, bien souvent pour des bagatelles.

Les premiers mois de La Bête, quel que soit mon choix, aussi anodin soit-il, je m’en voulais. Je vais faire pipi et la laisse sur son tapis? Bouh, je suis trop nulle! Elle chouigne car elle commence à se réveiller, je vais la chercher? Bouh, je devrais lui laisser le temps de bien se réveiller! Mais si elle croit que je l’ai abandonnée? Bouh, quelle horreur! Bref, la culpabilité m’a pourri mon quotidien, bien plus que les regards extérieurs.J’ai culpabilisé de ces petites choses, comme de plus grosses à mes yeux: j’en ai pleuré maintes fois lorsqu’elle a déclenché son oesophagite, de ne pas l’avoir allaitée. Je m’en suis voulue chaque fois que j’ai haussé le ton, chaque fois que j’ai soupiré de soulagement en la couchant, et ce pendant très (trop) longtemps.

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Puis là encore, les années ont fait leur travail. En voyant ma fille s’épanouir comme une jolie fleur, et non se flétrir comme me l’aurait fait croire mon vilain moi, j’ai compris que je me débrouillais très bien. Je peux même affirmer que moins on se prend la tête, mieux ça roule pour tout le monde! Plus je suis spontanée et zen, mieux ma fille se sent, c’est flagrant. Je me suis défaite de l’image de maman parfaite à laquelle j’ai tant voulu adhérer et accepte mes imperfections qui semblent convenir à ma fille. Je reconnais me sentir soulagée quand je la couche, car je suis humaine (et enceinte) et que les fins de journées sont rudes. Quand je hausse le ton, je m’excuse immédiatement, l’enlace tendrement et c’est vite oublié. Parfois, il y a des loupés, et c’est cela qui fait le quotidien, on s’ennuierait ferme si j’étais une maman parfaite, doublée d’une fille parfaite. Pour moi, l’essentiel n’est pas la perfection, c’est l’amour. Tant qu’un amour tendre et inconditionnel nous unit, le quotidien restera positif.

Le passé et l’avenir

On a tous un bagage plus ou moins lourd, c’est un fait. Malheureusement, quand on devient maman, on ne devient pas amnésique par la même occasion, bien au contraire. J’en parlais ici. Néanmoins, si ce passé est important pour mieux comprendre des réactions parfois très impulsives que l’on a, il est aussi nécessaire de le laisser là où il se trouve et de passer à autre chose. Je sais pourquoi j’ai peur que ma fille se sente mal aimée. Je sais pourquoi la venue de Numérobis m’a beaucoup angoissée pour elle. Je sais pourquoi je ne serai jamais parfaitement en paix avec mon corps. C’est bien. Et maintenant, on bâtit quelque chose de plus sain, on soigne les petits et gros bobos du passé pour engendrer des personnes bien dans leur peau. J’ai cessé de ressasser, j’ai cessé de croire que mon passé un peu tortueux serait le principal architecte de mon avenir et, croyez-moi, cela fait un bien fou!

2019

L’avenir, forcément qu’on y pense, en faisant des enfants! Quelle incarnation plus concrète de notre avenir que nos petites têtes blondes? Néanmoins, je parle là de l’avenir à court terme. J’ai toujours été du genre bien anxieuse à vouloir tout le temps anticiper. Puis j’ai eu un bébé et forcément ça m’a calmée. Un bébé, plus il est jeune, plus c’est de l’imprévu, de l’improvisation, de l’adaptation. On se disait ça avec ma copine Twinny Mummy, qu’à chaque fois qu’on se voit, on organise ça au dernier moment, à l’arrache, parce que c’est ça la vie de parent! Quand on sort des impondérables comme les rendez-vous médicaux, les horaires de boulot/d’école/de garde, on ne peut pas anticiper grand chose avec des enfants. Un enfant peut aller très bien puis être malade comme un chien le lendemain. Il peut se lever à 8 heures comme à 6. Il peut tomber de sommeil à 20h comme à 22. Il peut être enclin à jouer tranquillement seul quelques minutes comme resté accroché à votre jambe sans répit. Il peut vous laisser partir sans réaction ou hurler toutes les larmes de son corps et ainsi retarder votre départ. Et si vous avez hérité d’un modèle comme le mien, à savoir un enfant qui ne peut manger n’importe quoi, n’importe où; qui ne peut dormir n’importe où et surtout pas en voiture; qui n’est pas du genre calme…et bien cela demande une bonne faculté d’adaptation à la dernière minute. Et vous savez quoi? Et bien c’est sympa, aussi, d’improviser un peu et de vivre au rythme de son petit!

Je suis désormais une maman libre

Après 25 mois de maternité, je me sens affranchie de plein de choses. Je me fiche du regard des autres et ai pris une distance nécessaire avec le mien. Les seules personnes dont l’avis m’importe réellement sont ma fille et mon Chéri. Je me fais confiance, je suis la personne la mieux placée pour comprendre instinctivement ma fille et à agir selon ce que mon coeur me dicte. Je me suis libérée aussi d’un passé qui pouvait m’étouffer sous des pensées parasites et erronées. Et, enfin, je me suis libérée de ma tendance à vouloir tout anticiper, tout prévoir, à craindre l’improvisation. Je me suis rendue compte qu’improviser avec un tout-petit, c’est sympa aussi et ça booste la confiance en soi.

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Dans six mois, Numérobis sera là. Je ferai tout pour que La Bête ne se sente pas mise à l’écart mais accepterai la manière dont elle vivra tout ça. J’accepte l’idée que tout puisse rouler, est-ce si impossible? J’allaiterai peut-être Numérobis, ou peut-être pas si cela ne me convient pas, sans me préoccuper de ce qu’en pensent les autres. Numérobis sera écouté, ne sera pas laissé à pleurer (sauf si envie de pipi urgente, bouh), sera porté +++ et sera pleinement inclus dans notre quotidien, au fil de sa croissance, comme petite personne à part entière. Il sera élevé dans la bienveillance sauce maison, n’en déplaise aux critiques! Et tout cela ne m’angoisse pas, car c’est cela être libre: croire en soi et en ses choix.

 

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12 commentaires sur “Etre une maman libre

  1. C’est un article qui fait plaisir à lire :). Conseil non-sollicité = conseil aussi vite jeté non mais. C’est aussi ce que je commence à ressentir. Je commence à prendre vraiment confiance en moi en tant que maman. J’aime bien ton analyse des critiques virulentes des autres mamans, ça fait prendre de la hauteur par rapport à tout ça.

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  2. Joli article, j’approuve à 100% ! Peut être que cette liberté est en réalité de l’acceptation que nos tous petits et nous même avons des besoins propres et qu’une fois qu’on prends en compte tous ces besoins on est finalement libres de plein de choses !! Merci la petite dédicace, c’est toujours un plaisir de se voir, même à l’arrache 😉

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  3. Un très chouette article dans lequel, encore une fois, je me retrouve beaucoup.
    Ah, la culpabilité, l’angoisse et les doutes des premiers mois… quand je m’en voulais de ne pas m’en occuper dès que je le posais un instant… quand je m’inquiétais de trop le porter, de trop l’allaiter, de trop tout… quand je harcelais Google de questions farfelues !
    Comme toi je gagne en confiance, même si j’ai encore du chemin à faire. Je me dis que les seconds-nés gagnent au moins ça : des mamans plus sereines, plus sûres de leurs choix.

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