Pensées de mummy

Pourquoi Numérobis sera le dernier

A l’origine, Chéri et moi rêvions d’avoir une famille plus nombreuse que ça. Moi je rêvais de trois enfants, lui n’était pas contre plus encore… Et bien pas mal d’années et d’expérience plus tard, je suis quasi sûre de pouvoir annoncer que Numérobis sera mon dernier enfant. Et ce, pour plusieurs raisons.

famille

J’ai fait suffisamment de fausses couches.

J’en ai parlé plusieurs fois ici, sans tabou (un de mes chevaux de bataille: briser les tabous sur la fausse couche): j’ai fait plusieurs fausses couches. Trois avant d’avoir La Bête, deux avant d’avoir Numérobis. Je la connais bien, la case « FC ». Même si, au fil des pertes, on se forge une carapace de plus en plus solide, voire trop, chaque fausse couche fait quelque chose, physiquement comme moralement. Physiquement, c’est douloureux, ça peut entraîner des complications, ça cause des dérèglements et ça nourrit l’endométriose. Moralement, on culpabilise, on doit vivre à chaque fois un nouveau deuil, on est abîmée dans son identité de femme. Je considère qu’avec ma petite collection de 5 étoiles, je suis suffisamment fournie. Je me sais incapable de démarrer correctement une grossesse sans avoir perdu quelques plumes auparavant alors non, terminé, rideau.

masse oeuf

L’endométriose progresse…

Mon endométriose a été diagnostiquée quelques mois après la naissance de La Bête. J’étais allée voir mon ostéopathe car, entre autres, mon corps ne répondait plus normalement. Mes intestins étaient complètement en vrac, je ne digérais rien de ce que j’avalais et fondais comme neige au soleil. En me manipulant, elle s’est aperçue qu’en effet, mes intestins souffraient mais qu’un de mes ovaires ne réagissait pas du tout normalement à ses manipulations. Entre ça et mon passif de fausses couches, elle m’a conseillé une IRM pour aller voir ce qui se passe là-dedans. Et, bingo, endométriose profonde. Cette saleté de maladie se nourrit à chaque cycle menstruel, les règles alimentant les lésions et nodules. Cherchant à avoir un enfant, je ne prenais pas la pilule, mes règles ont donc continué pendant deux ans. Pas besoin d’IRM pour sentir en moi que la situation progresse. Après la naissance de La Bête, j’ai passé deux-trois mois indolores. La grossesse mettant la maladie sur pause, on connaît souvent un petit répit après la naissance. Sauf que là, non. Deux semaines après la naissance de Numérobis, les douleurs sont revenues. Il faut croire qu’elles étaient impatientes de reprendre du service! Entre le diagnostic et aujourd’hui, les douleurs se font plus fréquentes et étendues. Or l’endométriose est l’ennemie n°1 de la fertilité, elle entrave fortement la fécondité et favorise les fausses couches. Alors, à nouveau, non merci.

Je voulais mes enfants jeune.

Chéri et moi voulions nos enfants assez jeunes pour en profiter à fond et qu’ils aient des parents assez jeunes pour faire plein de choses avec eux le plus longtemps possible. Nos bacs +5 ont retardé l’échéance, l’infertilité aussi mais avoir eu La Bête à 28 ans et Numérobis à presque 31 ans me convient. Je ne me vois néanmoins plus remettre ça dans trois ans. Déjà parce que plus on prend de l’âge, plus la grossesse fatigue et elle comporte également plus de risques. Etant déjà fortement handicapée à ce niveau-là, je n’ai pas envie de rajouter l’âge aux risques qui pèsent derrière ma tête.

bisou

Le RGO, c’est le mal!

Avec La Bête, on estimait avoir pris cher. Avec Numérobis, on prend réellement cher et, b*rdel, ça ne donne pas du tout envie de reprendre un ticket pour dans quelques années! Le RGO te ronge littéralement les premiers mois avec ton bébé. Tu n’en profites pas vraiment, étant plus occupée à chercher avec plus ou moins de succès des moyens de le soulager. Parce qu’un bébé qui dort peu et mal, qui mange douloureusement, qui passe 95% de son temps à grimacer, se tordre et pleurer, ça mine profondément le moral. Le RGO fait de ton quotidien un véritable enfer les jours « sans » mais le revers positif c’est que tu surkiffes les jours « avec » où, concrètement, ton bébé n’atteint même pas la moitié de la plénitude d’un bébé « normal ». LE gaver de médicaments dont l’effet reste terriblement modeste, passer ton temps à chercher le lait qu’il acceptera et digérera, prendre un abonnement chez le médecin sont autant de choses que tu n’as pas envie de renouveler. Me dire que nous vivons là notre dernier RGO m’apporte un certain soulagement. D’autant plus en constatant bien souvent qu’au fur et à mesure de l’agrandissement de la fratrie, non seulement le RGO est toujours au rendez-vous mais il gagne en sévérité.

J’ai la chance d’avoir eu « le choix du roi ».

Ah ça, qu’est-ce que j’en ai mangé, du « choix du roi » depuis que je connais le sexe de Numérobis! Cette expression, depuis, m’horripile. Mais, certes, je reconnais ma chance de pouvoir vivre les deux expériences: une fille et un garçon. Franchement, le sexe de Numérobis m’était complètement égal, je n’aurais pas été spécialement frustrée de ne pas avoir de garçon mais c’est quand même chouette d’avoir un enfant de chaque. De fait, je ne ressens pas le besoin de remettre ça pour pouvoir, peut-être, connaître autre chose. J’ai le sentiment profond qu’on est au complet, maintenant.

Je n’ai pas la nostalgie de la grossesse.

Beaucoup de femmes sont rapidement nostalgiques de leur grossesse. C’est un sentiment que je n’ai jamais connu. Tout d’abord parce que mes grossesses ont toujours été accompagnées de leur lot d’angoisses (risques de FC, risque d’accouchement prématuré pour La Bête, début de RCIU pour Numérobis) mais aussi parce qu’être enceinte me suscite des émotions mitigées. En fait, je suis surtout soulagée après avoir accouché. J’aime évidemment sentir mon bébé bouger en moi, je trouve la rencontre magique mais ça s’arrête là. Je n’aime pas me sentir de plus en plus diminuée, lourde, pataude. Je n’aime pas être restreinte dans ce que j’avale ou bois. Je n’aime pas attirer les regards, que certaines personnes, subitement, soient de grandes amies pour retomber dans l’anonymat après. Alors, certes, j’ai échappé aux grands bobos de la grossesse: jamais de nausées, jamais de rétention d’eau, de diabète, ni même de vergetures (supplémentaires)… Mais ça ne me manque pas pour autant.

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Ainsi Numérobis sera fort probablement the last one et j’essaie de profiter de lui dans cette optique.

Et vous, quand avez-vu su qu’il n’y en aurait pas d’autres? Pourquoi?

 

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21 commentaires sur “Pourquoi Numérobis sera le dernier

  1. Ici c’est plus compliqué. Papa est sur de ne plus en vouloir à 90%.
    Personnellement je pense qu’on va s’arrêter là mais je ne suis pas encore en paix avec cette décision. J’arrive pas à réaliser que je ne sentirai plus jamais de petite vie grandir en moi. (j’adore la grossesse) Mais les fausses couches m’ont très marquée. (surtout celle à 3mois passés)
    Puis j’adore porter. Câliner. Allaiter. Un tout petit si dépendant de cet amour. Mais je souffre de voir mon bébé souffrir de ce fichu RGO et risquer d’avoir encore pire.. Non merci.
    Et puis même si le sexe importe peu je ne peux pas cacher qu’une part de moi aurait voulu une petite fille. Même si 2 garcons c’est bien aussi.
    Donc on verra la porte n’est pas fermée mais presque quand même.

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  2. Avant Mini-Koala, je voulais 2 ou 3 enfants. Puis la PMA d’en est mêlée, et on s’est dit que si on arrivait à en avoir un on aurait déjà une chance inouïe.
    Après sa naissance, il était évident pour nous de retourner en pma. Dame nature nous a fait une belle blague avec notre Miracle. Puis il y a eu la grossesse, dont l’issue était incertaine jusqu’à la naissance, qui m’a rappelé la chance qu’on avait eu jusque-là. On a eu le plus heureux des happy end, et pour moi, il était évident que je ne tenterai pas un petit 3ème (« et le garçon, c’est pour quand ? » 😠).
    Le Koala était épuisé par les nuits sans sommeil (x2 enfants, c’était vraiment dur). Pour lui, jamais de 3ème, c’est bien trop fatigant, et puis maintenant qu’on commence à pouvoir bouger sans tout déménager, ça lui dit de moins en moins.

    Pourtant, certains jours, je me dis qu’un tout petit bébé (même RGO), c’est quand même tentant… Heureusement, mes deux pépettes me ramènent toujours à la réalité (à coup de dispute pour un jouet, c’est un moyen infaillible !).

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    1. Quand on traverse des galères pour concevoir et aller à terme, ça fait réfléchir deux fois. Ici aussi, la fatigue fait partie de ma décision, pfiou, on oublie vite comme c’est dur les nuits raccourcies! Elles ont quel âge tes deux puces?

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      1. 2 ans la semaine prochaine pour le Miracle, 3 ans et (bientôt) 5 moispour Mini-Koala.
        Chez nous les nuits raccourcies ont duré 3 ans (ma Grande n’a décidé de dormir qu’à 2ans et 9 mois!)

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  3. Comme je comprends ta décision ! Chez nous aussi ça sera deux enfants, pas plus. J’ai aussi eu une fille puis un garçon. La première grossesse, post opération de l’endometriose a été plutôt sereine mais la césarienne avec plaie vésicale, très douloureuse.
    Seconde grossesse avec rciu précoce très angoissante, néonat et bébé fragile hospitalisé à 2mois 1/2, j’ai eu mon lot de stress. Je ne veux pas tenter une troisième grossesse.
    Et puis la dernière raison et pas la moindre, c’est l’empreinte écologique. Je suis déjà tellement angoissée par le monde dans lequel les enfants d’aujourd’hui vont évoluer, je ne peux imaginer mettre au monde un nouveau bébé dans ce contexte. Et parfois je me dis aussi que j’aurai dû réfléchir plus avant de tomber enceinte, je culpabilise…

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      1. Certains moments ont été durs mais je ne regrette rien, le jeu en vaut la chandelle. Je mesure ma chance, mes enfants sont en bonne santé.
        J’espère que dans quelques mois tu pourras dire que le rgo est derrière vous pour de bon et vous pourrez souffler et profiter d’un Numérobis apaisé. Bonne rentrée à ta fille.

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  4. Je viens d’une fratrie de trois (trois filles, en fait) et j’aime assez ce nombre et le « 5 doigts de la main » qu’il m’évoque. Néanmoins, il est probable qu’on s’arrêtera à deux aussi, pour des raisons finalement assez voisines des tiennes même si pas identiques :
    – souhait d’être parents « jeunes » et d’avoir ensuite le temps d’en profiter
    – nausées épouvantables en début de grossesse… Puis suites de couches de césarienne : pas forcément envie de le revivre, bizarrement
    – des débuts qu’on a trouvés difficiles, exigeants. On ne regrette rien mais on sait maintenant ce que ça représente, ce que ça exige de nous… Et on tient à le faire bien !

    Pour autant, je ne voudrais pas que l’hippocampe reste enfant unique donc on aimerait remettre le couvert. Mais ensuite, je crois qu’on sera tout simplement très heureux de voir nos enfants grandir et de les accompagner sur ce chemin…

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  5. Je comprends tout à fait. Et c’est en lisant cet article que je réalise que vous avez eu un sacré parcours. Vous êtes tous de sacrés battants !
    En tous cas, j’espère que son RGO s’apaise pour que vous puissiez profiter pleinement de ses premiers temps de vie ❤

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  6. Contrairement à toi j’ai toujours su que je n’aurais pas de famille nombreuse justement parce que j’en suis issue. Nous étions 4 et j’ai peu de souvenirs de moments privilégiés avec ma mère. Elle n’avait jamais le temps la pauvre, parce que oui nous étions 4, et pas spécialement riche, même si nous n’avons manqué de rien. Du coup ma mère gérait la maison, les courses, les repas, le linge, les enfants… Bref, moi je voulais autre chose pour mon fils. Quand je le récupère à crèche le soir je sais qu’on a jusqu’à son coucher pour profiter, j’ai même le temps de l’associer aux petites taches ménagères.
    Par contre, contrairement à toi, j’ai la nostalgie de la grossesse et des premiers instants avec bébé (mais le contexte était différent). Alors on s’est dit que si on gagnait au loto on en ferait d’autres, mais que sinon on s’arrêtait là !

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  7. J’ai des sentiments très ambivalents sur le sujet comme tu le sais, j’ai déjà écrit la dessus. Je rêve d’une nouvelle grossesse et des 1ers mois avec un bébé tout petit, les câlins, les peaux à peaux, les moments rien que bébé et moi en tête à tête, retenter un allaitement, je suis très nostalgique de tout ça. La grossesse, bien que très douloureuse et angoissante pour moi reste une parenthèse dans ma vie que j’aimerai revivre, rien de rationnel la dedans, mais l’envie de sentir la vie grandir en moi, voir mon bidon grossir, tenter de prolonger l’expérience quelques semaines de plus que la dernière fois et qui sait, peut-être arriver à terme et échapper à la néonat. Il y a un côté réparateur dans ce désir, je le sais. Et puis la grossesse a été ma quête pendant 9 ans alors une part de moi reste dans cette dynamique.
    Sauf que ce n’est pas si simple : les FC, le risque de prématurité, et surtout le risque que cette fois les choses ne se passent pas si bien. J’ai très peur d’aller trop loin et de tenter ma chance une fois de trop. Je n’ai plus l’énergie de revivre les déceptions mensuelles, les FC et l’angoisse des débuts de grossesse et puis ce qui compte aussi beaucoup, 2 enfants, c’est déjà très prenant, alors avec 3 j’ai peur de perdre aussi en qualité de vie globale et en temps passé avec chacun. Donc non, il n’y aura pas de 3ème, mais oui ça restera un regret.

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  8. Si c’est votre choix vous avez bien raison ! Et puis a trois enfants tu en aurait entendu des réflexions! Je suis dans le même cas 2 enfants après beaucoup de fausse couche et l’âge qui avance, un grand désir de troisième mais grossesse après 35 ans c’est difficile a accepter…

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  9. Exactement pour les mêmes raisons que toi Aliénor sera la 4e et dernière ;). Je rajoute aussi le manque de temps et de moyens. Nous sommes tellement heureux de remiser la layette en taille 3 mois et les accessoires de la toute petite enfance tant ils nous rappellent le RGO. Je ne tiens pas à refaire une 5e FC et je n’ai clairement pas envie de vivre à nouveau une grossesse où bébé et moi pourrions y passer.

    C’est votre histoire, votre choix, et personne n’a à poser un jugement là dessus 🙂 .

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    1. Le temps et les finances ont aussi une importance majeure dans ce choix, je t’admire déjà d’arriver à te partager entre 4 petits! Moi aussi ranger définitivement les vêtements naissance et 1 mois, ça me fait du bien.

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