le deuil·Vie quotidienne

Accompagner la fratrie en deuil

Je dois vous dire qu’il est régulier que j’hésite à fermer définitivement ce blog. L’envie de l’alimenter n’y est que très ponctuelle, la fracture avec la vie de la tribu telle qu’elle était quand je l’ai ouvert est abyssale.

Néanmoins, pour le moment, je m’efforce de le maintenir un peu en vie, une publication mensuelle au minimum me semble un compromis correct pour l’heure. La vie de La Tornade continue, notre terrible chemin pour survivre sans Mini Loup aussi alors, aujourd’hui, c’est là-dessus que je reviens, en déposant un article issu de l’espace consacré à Mini Loup.

Je précise que pour vous en donner l’adresse, je dois avoir un minimum échangé avec vous, que je vous « connaisse » un peu. Vous pouvez m’en faire la demande en commentaire ou via le formulaire de contact. C’est un blog entièrement consacré au deuil de son enfant: le parcours, les ressentis, les pensées. J’y parle aussi régulièrement de La Tornade mais c’est moins centré sur elle qu’ici.

Voic donc l’article du mois qui cherche à répondre à une question difficile: comment accompagner son petit sur le chemin du deuil d’un frère ou d’une soeur?

Accompagner la fratrie en deuil

La Tornade avait trois ans et une semaine lorsqu’elle a brutalement perdu son petit frère. Je me suis alors retrouvée terrifiée sur la manière dont il allait falloir que je l’accompagne dans son propre cheminement, que je supposais différent du mien, tout en gérant ma propre souffrance. Je ne m’étais jamais penchée sur la question du deuil chez le tout-petit et j’étais comme plaquée au mur, il fallait que j’assure, là, immédiatement.

Je ne suis pas psy, je n’ai que très peu de savoir théorique sur le deuil chez les tout jeunes enfants mais je vais évoquer aujourd’hui mes constats et choix, sans prétendre à une quelconque universalité.

L’annonce

Le soir-même, lorsque nous sommes ressortis de l’hôpital, complètement assommés par ce que nous venions de voir et d’entendre, j’ai d’abord gardé le silence. Néanmoins, La Tornade savait que nous y étions venus parce qu’il était arrivé un grave problème à son frère, je me devais donc de ne pas la laisser avec cette simple information. Notre quotidien allait déjà être bouleversé: elle se retrouverait chez nous sans lui, sa grand-mère et sa tante allaient arriver subitement, un lundi soir tard, tout était déjà sens dessus-dessous. Alors j’ai ignoré la boule énorme qui obstruait ma gorge et je lui ai expliqué. La Tornade a toujours été très réfléchie pour son âge, elle comprend très bien et s’exprime avec aisance. Jusque là, nous avions toujours veillé à ne jamais lui mentir, lui dire les choses avec des mots adaptés, certes, mais ne rien lui cacher. Alors j’ai mis un point d’honneur à continuer.

Je lui ai expliqué que son frère était mort, je n’ai pas utilisé de métaphore qu’elle aurait pu prendre au pied de la lettre ou, pire, lui créer des angoisses supplémentaires. Je n’ai pas dit qu’il était « endormi » ou « parti au ciel » ou « envolé », j’ai bien utilisé ce mot terrible à apposer sur l’image de son enfant. Ce mot qui fait un mal de chien. La Tornade n’avait jamais perdu personne avant lui, ce mot ne lui était donc pas vraiment connu, on n’avait jamais abordé ce thème qui, en bonne famille française, était un peu tabou, gênant. Je lui ai donc expliqué que son petit frère n’était plus vivant, que son corps ne fonctionnait plus, que c’était comme s’il dormait mais qu’il ne se réveillerait jamais car il était décédé. Je lui ai expliqué que nous étions très malheureux car il ne reviendrait jamais, que la mort c’était pour toujours. Je lui ai aussi annoncé qu’elle trouverait sa mamie et sa tata le soir qui venaient quelques jours pour nous aider car ça allait être difficile. J’ai déjà insisté sur les points suivants que je lui répète toujours régulièrement: on l’aimait tout pareil même si on était malheureux, ce n’était pas de sa faute. Elle n’a pas montré de réaction particulière, pas de choc comme nous, de pleurs immédiats, il lui fallait évidemment du temps pour mesurer, concrètement, ce que cette explosion impliquait, pour elle et pour nous.

Les premiers temps

Ce qu’elle semble avoir compris d’emblée, c’est l’aspect définitif de la mort. Jamais depuis, elle n’a demandé où était son frère ou quand il rentrerait. Elle avait compris. En revanche, elle a rapidement posé des questions logiques: pourquoi son corps ne fonctionnait-il plus? Qu’allait-il se passer ensuite? Comme souvent, j’ai recouru aux livres pour l’aider à comprendre et ai trouvé celui-ci à notre bibliothèque municipale:

J’ai feuilleté quelques livres sur la question mais quasiment tous avaient une dimension religieuse et nous sommes athées. Même si nous étions croyants, d’ailleurs, il me semble important de ne pas lui imposer nos propres croyances, elle est bien trop influençable et simplement trop jeune pour cela. Alors quand je lisais « untel est auprès de Dieu au paradis », j’avais du mal. Ce livre avait trois vertus qui me semblaient incontournables: il était dépourvu de métaphore, il n’y avait aucune allusion à la religion, il abordait la crémation qui était notre choix concernant son frère. Bien entendu, il n’allait pas non plus dans les détails qui n’auraient pas d’utilité pour elle mais l’essentiel y était dit.

C’était éprouvant car elle a dû me le faire lire plusieurs dizaines de fois, inlassablement. Mais je sentais qu’à chaque lecture, des choses se mettaient en place dans sa tête, elle comprenait. Ces moments permettaient aussi de faire émerger ses questions et d’y répondre au mieux. Après, elle avait, semble-t-il, tout compris: ce qu’est exactement la mort, pourquoi l’entourage est triste, la cérémonie qui s’ensuit, l’importance des souvenirs.

La cérémonie

Nous avons fait le choix, en toute conscience et néanmoins sans grande hésitation, qu’elle soit présente aux obsèques de son frère. Déjà, cela lui permettrait d’hélas donner de la réalité à cet événement qui était resté très abstrait pour elle: son frère était en vie le matin, elle ne l’avait jamais revu depuis. Il n’était bien entendu pas question qu’elle voie son corps, mais qu’elle entende nos mots, qu’elle voie le chagrin partagé et qu’elle aussi puisse avoir un petit geste pour son frère. Elle a déposé une rose sur son cercueil fermé, comme tout le monde. Evidemment, ça a été un moment dur pour elle, c’est d’ailleurs ce qu’elle ne cessait alors de me dire « C’est dur, maman, c’est très dur » mais c’était malheureusement la vérité de ce qui était devenu notre existence: dure. Qu’aurait-elle gagné à ce qu’on lui cache ce moment d’adieu et de recueillement? Elle n’a, de plus, pas été traumatisée par la cérémonie qui était sobre, elle n’a pas cauchemardé, n’en a pas vraiment reparlé, je reste convaincue que nous avons fait le bon choix. Ca aurait aussi été injuste pour elle de l’exclure de ce qui reste, même dans le pire, un événement familial majeur.

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Les circonstances de la MSN

La question est venue bien plus tard mais elle a fini par venir: de quoi son petit frère était-il mort? Et là était la plus grande difficulté pour trouver les mots puisque même la science ne saurait exactement répondre à cette question. Et quoi de plus insécurisant pour un tout-petit que d’entendre qu’on peut mourir en un claquement de doigts, sans raison apparente, n’importe quand? Je lui ai donc dit que le coeur de son frère s’était arrêté, comme ça, d’un coup. Qu’un bébé n’est pas supposé mourir, que ce qui lui est arrivé est très rare et que même les docteurs ne savent pas pourquoi son coeur s’est arrêté.

Il m’a semblé important, et je le lui rappelle toujours, d’insister sur le fait que mourir n’est pas la norme chez les bébés. Au cas où, un jour, elle côtoie de nouveau un bébé, je ne voulais pas que dans sa tête, elle le considère comme voué à disparaître un jour ou l’autre. Je me suis en revanche bien gardée de lui préciser qu’il était décédé dans son sommeil, je ne voulais pas non plus qu’elle développe des craintes vis-à-vis du sommeil. Enfin, j’ai précisé que cela n’arrivait qu’aux bébés, que ça ne risquait pas du tout de lui arriver à elle, qu’elle était trop grande.

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Son parcours de deuil

Même si elle paraît heureusement moins atteinte en profondeur que nous, je trouve que son cheminement est étonnament similaire au nôtre par son rythme: ces fichues vagues, même si elles sont moins intenses que les nôtres. Elle a des jours, des périodes, où elle semble vivre quasi normalement, où elle n’évoque presque plus son frère et d’autres moments où ça ne va pas, où elle en parle beaucoup, se montre morose, renfermée, pleure. Ces deux phases s’alternent de manière complètement aléatoire et je les respecte au mieux. Quand elle me dit « aujourd’hui ça va, je ne suis pas triste », je lui dis que je suis contente pour elle. Quand elle va mal et me parle de son frère, j’accueille ses paroles, les légitime et réponds à ses questions. En ce moment, elle me dit régulièrement qu’elle « aimerait qu’il revienne », ce à quoi je réponds que moi aussi, que tout le monde aimerait qu’il revienne, mais que c’est impossible, que ça n’arrivera pas, même si on le voudrait tous. Quand elle me dit simplement « je suis triste maman, parce que Mini Loup est mort », je lui réponds que c’est normal qu’elle soit triste, qu’il me manque à moi aussi. Je ne lui dis pas « ça va aller » ou ne détourne pas le sujet, j’essaie de lui faire comprendre que sa trsistesse est légitime et comprise ici.

Cela fait longtemps maintenant, mais ça m’a marquée. Un jour, elle est rentrée de l’école en m’affirmant (certes gentiment) « il ne faut pas être triste, maman ». Je suppose qu’elle avait entendu ça d’un adulte sans doute bien attentionné mais certainement pas amputé d’un enfant. J’ai rectifié en lui précisant qu’elle avait le droit d’être triste, ce n’était pas obligé ni interdit, que si elle était triste, c’était normal et qu’elle avait le droit d’en parler quand elle le souhaitait. Depuis, elle n’a jamais hésité une seule fois à me faire part de ses émotions, positives ou négatives.

Son cheminement est aussi apparu par ses jeux, comme chez tous les enfants, je suppose. Systématiquement, dans les histoires qu’elle inventait, il y avait un parent ou un frère qui était mort. J’ai pris soin de ne jamais réagir, ni en mal, ni en bien, cela me semblait être important pour son cheminement à elle. Elle a aussi, par périodes, besoin de materner sa poupée, ce que je respecte même si ça me lamine le coeur. Je la laisse faire.

Son nouveau lien à Mini Loup

Chaque petit geste que j’ai pour mon fils, c’est seule que je le fais. Jamais en sa compagnie. Cela rejoint ma réflexion sur la religion: je l’estime trop jeune pour que je me permette de lui affirmer que l’esprit de son frère subsiste ou non. Cette ligne de conduite m’a donc naturellement imposé une retenue sur la manière d’entretenir ou non la mémoire de son frère. Pourtant, avec le temps, elle y est venue toute seule. Elle a réclamé des photos de son frère pour les mettre dans sa chambre, elle a commencé à cueillir des fleurs pour lui, ramasser des pommes de pin, des plumes, des petits objets que, sans que personne ne le lui souffle, elle dédiait à son frère. J’ai donc fini par lui montrer le petit coin « commémorial » de Mini Loup. Il y a son urne (dont elle ignore la fonction exacte), son doudou, une photo, des petites branches et ce qu’elle y a ajouté au fil du temps: des pommes de pin, des plumes, des fleurs qu’elle change régulièrement, des petits jouets qu’elle alterne. Tout est de son propre chef, je lui ai dit qu’elle pouvait poser ou enlever des choses quand elle le souhaitait, que c’était un petit endroit pour se souvenir de Mini Loup et qu’il nous appartenait à tous. Lui faire prendre part à l’anniverciel de Mini Loup s’est donc naturellement imposé à moi, je lui ai bien entendu demandé si elle le voulait, il aurait été hors de question que je le lui impose mais il semble que c’était aussi évident pour elle que pour moi.

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Je vois que, peu à peu, elle redéfinit son identité de grande soeur, mais elle ne l’efface pas. Nous n’avons jamais opté pour le silence. Je veux que jamais elle n’oublie qu’elle a eu un petit frère, même si ça a été trop peu de mois, que son prénom lui reste familier. La qualité, la quantité et la tonalité des autres souvenirs, en revanche, ça ne dépendra que d’elle. Je ne lui en parle pas avec excès, en fait, quand le sujet est abordé, c’est qu’elle fait le premier pas. On évoque alors des souvenirs, elle affirme qu’elle l’aime toujours, qu’elle est toujours grande soeur, qu’elle ne l’oublie pas. Et je lui dis qu’elle a raison, qu’elle sera toujours sa grande soeur, même si elle ne grandit plus à ses côtés.

L’après-vie?

Jusque très récemment, elle ne m’avait jamais questionnée sur un éventuel après-vie. Je ne lui en avais jamais parlé. Et puis, un matin de la semaine dernière, elle m’a affirmé « Moi, la nuit, mon coeur me dit que Mini Loup est vivant ». J’ai essayé de lui faire préciser: « Tu veux dire que tu rêves qu’il est vivant? Parce que moi ça m’arrive aussi, ma chérie, c’est normal… » Ce à quoi elle a répondu « Non, ce n’est pas ma tête (elle sait que les rêves viennent de là), c’est mon coeur qui me dit ça! ». Pendant son petit-déjeuner, elle y est revenue « Moi, je suis sûre que Mini Loup existe toujours. » Pour moi, on y était, il fallait que je lui dise les choses, là encore, en cherchant des mots adaptés, en ne m’avançant pas trop moi-même.

Je lui ai expliqué que personne ne savait ce qui se passait après la mort, qu’on savait seulement que la personne qui était morte ne pouvait pas revenir. Mais j’ai accepté de lui dire que certains pensent qu’après la mort, la personne est toujours là, quelque part, on ne sait pas vraiment où, qu’elle nous voit, nous entend, nous aime, mais qu’on ne la voit pas. J’ai précisé que d’autres pensent au contraire que quand on meurt, c’est terminé, qu’il n’y a plus rien, que la personne n’existe plus du tout. Et j’ai terminé en lui disant que personne ne pouvait l’obliger à croire ou ne pas croire qu’il se passe toujours quelque chose après la mort, que c’était à elle seule de réfléchir, quand elle serait plus grande, si elle en avait envie. Depuis, son attitude n’a pas changé, même si elle continue parfois de me tenir des propos troublants que personne ne lui a soufflés comme « Moi, je sais qu’il existe toujours » et quand je lui demande « Ah bon? Et où, tu penses? » elle me répond « Dans un autre endroit, un autre pays, partout je crois ».

Mes propres émotions

La Tornade est hypersensible, elle capte tout, sans cesse, depuis qu’elle est née. Cela l’a toujours rendue très réceptive à mon état d’esprit, comme si avec elle aussi, un cordon invisible demeurait. Quand je suis sous la vague, elle me fait comprendre qu’elle le sent, consciemment ou non: elle reste collée à moi, me sollicite sans relâche, me demande si je suis triste, me caresse la joue, me serre contre elle. Je suis toujours dans l’hypercontrôle en sa présence, mon histoire m’a forgée ainsi, je me refuse de sombrer devant elle. Si elle m’a vue pleurer cinq fois en six mois et demi, c’est bien le maximum. En revanche, lorsqu’elle m’interroge, je suis transparente (sans aller dans les détails): « oui, je suis très triste ma chérie, ton frère me manque énormément », « cela prendra beaucoup de temps avant que je me sente mieux mais tu ne peux rien faire, ce n’est pas de ta faute, je t’aime tout pareil ». Il arrive encore assez régulièrement que je m’emporte face à elle, pour des broutilles, parce que je suis trop pleine de chagrin, que ça sort comme ça, je hausse le ton, je ne suis pas dans l’empathie, je me braque. Alors, toujours, je finis par m’excuser une fois la tempête passée, et lui rappeler qu’elle n’y est pour rien et que je l’aime.

J’ignore si elle échange avec son papa sur ce point, cela les regarde, je ne m’en mêle pas mais j’ai bien l’impression que je suis le principal réceptacle de ses émotions. Nous concernant, nous ne lui cachons pas, non plus, quand nous allons chez notre psychiatre. Je l’ai appelée « le docteur pour discuter » et elle sait que nous parlons de notre chagrin, du décès de son frère, de nous tous.

Consulter ou non?

Je crois que c’est la première question que je me suis posée alors je vais ici donner mon avis personnel après coup: je pense qu’il est adapté de laisser son enfant encaisser la nouvelle, mesurer ce qu’elle implique, et aviser selon ses réactions, si elles semblent anormales ou non. Nous avons très vite emmené notre fille chez une psychologue qui nous avait été recommandée par l’hôpital. Terrifiés que nous étions par ce rôle d’accompagnants dans le deuil chez un tout-petit auquel nous n’étions en rien préparés, nous avions besoin d’être orientés, rassurés et encadrés. On a dû la voir deux ou trois fois, à trois bonnes semaines d’intervalle à chaque fois. Ce qu’il ressortait à chaque séance c’est que La Tornade vivait cet événement de manière adaptée, qu’il ne semblait pas en découler de choses anormales et que nous faisions les choses le mieux possible pour l’accompagner sainement. Elle nous a invités à la recontacter si La Tornade venait à manifester un mal-être particulier qui ressortirait par un sommeil troublé, des soucis d’appétit, une attitude anormale, ce qui, en dépit du confinement qui n’en a rendu nos cheminements que plus difficiles encore, n’est (encore) jamais arrivé. Nous n’avons pas voulu médicaliser ce qui n’avait pas besoin de l’être, l’épreuve est déjà lourde en soi, ses repères suffisamment brouillés pour qu’on ne lui impose pas, en plus, de psychothérapie qui ne serait pas forcément nécessaire en soi.

Six mois et demi après, comment va-t-elle?

Elle confirme ce que l’on sait des tout-petits: qu’ils ont une adaptabilité bien supérieure à la nôtre. Il est prouvé qu’ils se reconstruisent plus facilement que nous suite à un bouleversement majeur et c’est effectivement ce que je constate. Je mentirais si je vous disais qu’elle est comme avant, c’est absolument faux. Elle est plus anxieuse (elle se ronge les ongles, se mordille les doigts, n’aime pas que je m’éloigne), plus lunatique même si ça tend doucement à s’atténuer et, surtout, elle sait ce qu’est la mort. Elle a, malgré toute notre bienveillance, perdu une part importante de la naïveté des tout-petits. On en parle, de la mort dans l’absolu, de temps en temps. Elle sait que la norme veut qu’on meurre quand on est très vieux, que tout le monde y passe. Elle sait pour l’avoir vécu qu’on peut mourir avant, même si ce n’est pas normal. Elle sait que la vie est précieuse et imprévisible, qu’il faut faire attention. Et, surtout, elle sait qu’on peut aimer un être qui ne vit plus à nos côtés, que des liens ne se défont pas même après la mort, et que parfois, il est bon aussi d’écouter son coeur.

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